Femme en insertion professionnelle, portrait de Fanta et Sating

#2ndeVie, la création au service de l’insertion

Le 18 octobre 2021, l’association H.A.W.A au féminin dévoilait son projet de lutte contre l’hyperconsommation en revalorisant des invendus d’anciennes collections. L’idée était simple, récupérer des pièces de mode qui seront soit vendues sur l’e-shop #2ndeVie, soit transformées via le pôle upcycling. Le tout géré par des femmes refusant de laisser les tourments de la vie définir leur avenir. En effet, le projet de mode éco-responsable demande un investissement humain qui ne saurait être possible sans l’apport de notre  équipe. Ces battantes aux parcours plus atypiques les uns que les autres sont la pierre angulaire de la vision d’Hawa Sangare, une insertion professionnelle qui se veut d’un genre nouveau, une solution permettant aux femmes éloignées du monde professionnel d’acquérir les outils nécessaires à la réalisation de leurs propres projets. Ce rêve caché au plus profond de leur âme, enseveli, pendant des années sous l’amoncellement des difficultés de la vie. 

Voici le portrait des cadettes de notre équipe de choc, les jumelles Fanta et Sating.

Entre les masques résilience, les cabas de l’assemblée nationale, les uniformes Groom ou encore les maillots de bain Ysé, le travail des jumelles (comme nous aimons les appeler), parle de lui-même. Est-ce la raison pour laquelle elles sont si discrètes? Nul ne le sait. Adeptes de la télépathie et de la communication par le regard, toute prise de parole de Fanta et Sating, est vécue comme un événement au sein de l’atelier où elles  sont arrivées à pas feutrés. Une fois calées derrière leurs machines, c’est cachées derrière leurs masques qu’elles laissent leurs aiguilles glisser de projet en projet sous l’oeil avisé de la directrice de création Chloé.

Inséparables à la ville comme au travail, elles sont revenues, pour nous, sur leur parcours. Autant qu’elles s’en souviennent, les 2 soeurs ont toujours eu un faible pour la mode. Pourtant, c’est par dépit qu’elles se sont dirigées vers la couture. Petites déjà, elles aimaient inventer, dessiner, et coudre des tenues pour leurs neveux et elles-mêmes. Elles étaient attirées par tout ce que tout ce qui est fait à la main, mais ne se sentant pas assez créatives pour étudier le stylisme, elles se sont dirigées vers un bac métiers de la mode et du vêtement doublé d’un BEP couture puis complété par un BTS au sein de l’établissement Elisa Lemonnier à Paris. Contrairement à leurs dires, elles ne souffrent pas d’un défaut d’idées mais d’un criant manque de confiance en leurs capacités. En résumé, elles n’osent tout simplement pas partager leurs réflexions !

La démonstration s’est d’ailleurs répétée lorsqu’une fois leur BTS en poche, les demoiselles ont frappé à la porte de La Poste pour distribuer le courrier pendant six mois, heureusement l’appel de leurs premiers amours a été plus fort. Elles démissionnent et décident de rechercher du travail dans le secteur. Il s’en suivra 2 années de traversée du désert. Pôle emploi, LinkedIn et Fashion job n’ont plus de secrets pour elles. Elles en attribuent la faute à leur niveau d’anglais mais aussi à un manque de qualification. En effet, un des critères récurrent d’embauche est la licence. Or, elles se sont arrêtées à l’étage précédent. Finalement, Pôle emploi les mènera jusqu’à H.A.W.A au féminin où elles s’épanouissent dans un jargon technique fait de la recherche de solutions, de prototypes, de patronage et de montage.

Les jumelles n’en oublient pas pour autant le projet professionnel qui les a guidé jusqu’au chantier d’insertion. Elles nourrissent en secret l’idée de créer leur marque de vêtements. Et pour ce qui est de la créativité, elles prennent de la graine en échangeant avec leurs encadrants Chloé, Mouthana et du directeur artistique d’H.A.W.A au féminin, Daniel Baud. Surtout, elles scrutent les réseaux tels qu’Instagram ou Pinterest. 

Du côté de la technique, outre le fait d’avoir remis un pied dans la couture, nos collaboratrices se ravissent d’avoir appris la broderie à la main grâce à Janifar, sur le projet Ysé x #2ndeVie, qui selon leurs dires, constituera un plus pour leur marque à venir. En complément de travailler sur des projets funs et diversifiés, Fanta et Sating avouent vouloir emmagasiner le plus d’expériences et de connaissances possible des chantiers d’H.A.W.A au féminin. Parmi leurs leviers de perfectionnement, les jumelles ont isolé l’organisation et la confiance en soi qui les freinent dans le lancement de leurs projets professionnels. Fort heureusement, leur travail n’est pas passé inaperçu et la structure d’insertion H.A.W.A au féminin leur accorde toute sa confiance. En conséquence, les soeurs se voient attribuer de plus en plus de responsabilités qui les poussent subrepticement à l’autonomie et surtout à défendre leurs points de vue lors des réunions. Bientôt sur le devant de la scène, les jumelles devront s’affirmer, participer à la discussion et aussi à la création, il ne sera désormais plus possible de se cacher derrière leurs superviseurs. A terme, elles pourraient encore plus contribuer au défilé à venir d’H.A.W.A au féminin ? Un tel projet vu comme le galop d’essai parfait car il regroupe tous les points de perfectionnement des discrètes jumelles : la confiance en soi et l’organisation. 

Quant à la créativité ? Il y a toujours un écart entre la perception de soi et ses capacités réelles. Après ça elles deviendront des cheffes.

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